Chapitre 9 – Le retour de la fille prodigue

LE RETOUR DE LA FILLE PRODIGUE

J’ai même le droit à la classe affaire pour mon retour. Il est vrai que je commence à occuper un certain volume. C’est sympa le luxe, je m’y habituerai bien, moi, aux voyages confortables mais je ne suis pas sure de rester enceinte assez longtemps.

Mon père m’attend à l’aéroport, il est six heures du matin. J’aime ces retours à l’aube quand nous rentrons en passant devant le château de Chantilly magnifique, noyé dans les brumes matinales.

Mon père n’a pas l’air dans son assiette. Il m’annonce que son amie le quitte aujourd’hui. Après des années de vie commune, ils ont décidé de se séparer et ils n’ont pas trouvé de meilleur moment qu’aujourd’hui pour le faire ! Arrivée à la maison, je m’installe avec mon gros ventre sur mon vieux fauteuil pour contempler, ébahie, une bande de déménageurs qui vident la maison.

Les murs appartiennent à mon père mais les meubles à son amie. A la fin de la journée, nous nous retrouvons dans une maison en travaux pratiquement vide. Heureusement qu’il me reste quelques meubles de ma vie étudiante, j’aurai un lit pour dormir ce soir.

La maison est trop grande pour mon père. Au retour de David, une semaine plus tard, nous décidons de nous y installer. Nous avons assez de choses à penser, cela règle au moins un problème.

Dès le lundi, je vais voir ma gynécologue, mon ventre commence à tirer sérieusement. Après examen, elle me donne le choix entre me coucher ou accoucher. Je suis enceinte de sept mois ! Il semblerait que j’ai un peu trop exagéré dans mes activités. Ce que confirme l’échographie. Verdict, le bébé est trop petit.

Pendant le mois qui suit, je tente de rester allongée autant que possible, mais c’est difficile quand on doit acheter une voiture, des meubles, finir le carrelage, les papiers peints et la peinture dans toute la maison, sans oublier d’aménager la chambre de bébé et de lui acheter sa garde-robe. Ca gâche un peu la joie des préparatifs, que nous devrions faire ensemble, avec l’amour d’un père et d’une mère qui sont parents pour la première fois. Je bous intérieurement tout en regardant mon père et David s’escrimer autour de moi. Mais je ne résiste pas à leur donner prudemment un petit coup de main de temps en temps.

Un mois plus tard, je me dis que trente jours est une “prématuration” tout à fait acceptable et je décide de me remettre à vivre normalement. Il vaut mieux un bébé en avance qu’une mère à l’asile où je finirai bientôt à ce rythme.

Et malgré tout, malgré une visite guidée de Paris à trois jours du terme avec des copains australiens en voyage de noces, malgré le papier peint (complètement déconseillé enceinte !!), malgré les magasins, malgré la peinture, la rénovation d’une table ancienne, le rangement des malles du Nigeria, malgré le tri de mes affaires qui dorment au grenier depuis des années et malgré toutes les autres imprudences, Charlotte ne se décide à montrer le bout de son nez que quatre jours après le terme supposé. Ce n’est pas du tout le petit bébé promis et nous en sommes quittes pour mettre au rebus la mini garde-robe neuve. Le vrai portrait de sa mère, dès le premier jour elle fait le contraire de ce qu’on attend d’elle.

Pour mon bébé, j’accomplis ce que personne n’avait réussi à me faire faire jusqu’à présent, je me comporte comme une mère de famille, femme au foyer. Ma vie est régulée par l’heure des tétées, les courses, la cuisine et le ménage.

Tout est nouveau pour moi, je suis passée de la vie d’étudiante en cité étudiante et resto-U, à la vie d’assistée en Afrique. C’est la première fois de ma vie que je dois tenir une maison, un budget, m’occuper d’un enfant moi qui n’avais jamais changé une couche auparavant, sortir les vêtements d’hiver qui n’ont pas servi depuis cinq ans. Mais je dois avant tout surmonter cette énorme fatigue liée à l’accouchement et au changement radical de vie que je subis depuis quelques mois.

J’ai même craint pendant un moment que notre couple en souffre. Après tout nous avions toujours vécu en Afrique avec assez d’argent pour assurer les fins de mois et du personnel plein la maison. Il va falloir, trois ans après le début de notre vie commune, s’initier à ce que tout le monde apprend en quittant la maison parentale : conjuguer nos fouillis respectifs afin que notre maison reste vivable dans la joie et la bonne humeur.

Comme dans tous les couples qui s’installent, chacun y met du sien. Nous faisons d’énormes concessions et nous réussissons tant bien que mal à réapprendre la vie en France.

Charlotte a trois mois, nous lui avons trouvé la meilleure nourrice du monde (du moins il faut bien nous en convaincre car dorénavant Charlotte passera plus de temps avec elle qu’avec nous, ses parents) et je repars au travail le pied vaillant.

Derrière mon coté bravache, je suis confrontée à la déchirure de la séparation comme toute maman qui abandonne son bébé pour retourner travailler. Mais je sais aussi que je ne serai pas heureuse à la maison malgré tout l’amour que je peux ressentir pour ce petit être qui a tant besoin de moi. Alors je prends sur moi et je me dis que ce n’est qu’un mauvais moment à passer avant de retrouver le plaisir du bureau.

Si je restais, combien de temps avant de commencer à lui reprocher ce sacrifice de ma carrière ?

Je suis passée plusieurs fois au siège au cours des trois dernières années, mais c’est la première fois que je vais y travailler. Je m’abonne aux embouteillages de banlieue, à l’heure de transport obligatoire, tout en contribuant à la pollution ambiante. Bienvenue en région parisienne. Et il y en a pour se demander quel plaisir on peut éprouver à voyager ! Mais je n’ai pas échappé au baby blues pour déprimer à cause de quelques heures hebdomadaires de voiture.

Dès mon arrivée, Isabelle, ma chef me remet un paquet de dossiers. C’est un appel d’offres pour un chantier en Chine. J’ai trois mois. ça démarre sur les chapeaux de roue.

Mais je voudrais faire une pause, le temps de décrire Isabelle. Après tout, c’est la première fois que je travaille avec une autre femme et ça vaut bien quelques lignes. Ingénieur, comme moi, elle a commencé sur les chantiers, mais en France, avant d’être affectée au siège. Elle occupe maintenant la position de responsable des appels d’offres à l’export et est le bras droit de Didier au siège.

Elle travaille ici depuis environ dix ans et a su concilier carrière et travail puisque avec trois enfants en bas âge, elle travaille à temps partiel. On dit également qu’elle est dotée d’un très fort caractère. On me présente aux personnes qui la connaissent comme “quelqu’un de pire qu’Isabelle”. Une vraie référence ! Je suis d’ailleurs persuadée qu’on la présente de la même manière par rapport à moi.

Notre département compte non seulement des femmes mais en plus elles sont traitées à l’égal des hommes au niveau des perspectives de carrières et de salaires. Nous n’avons même pas matière à nous syndiquer pour réclamer des droits que nous avons déjà.

C’est également la première fois que je n’ai pas le privilège d’être une pionnière et je goûte à la joie d’avancer sur des sentiers déjà battus. Personne ne s’étonne quand j’arrive en retard parce que Charlotte est malade ni quand je râle à propos d’une réunion qui s’éternise le soir et que je dois récupérer ma fille. Mais les réunions s’éternisent quand même. Heureusement que j’ai trouvé en la nourrice une véritable perle qui garde ma fille à dormir quand je dois de rentrer tard, ce qui arrive malgré tout assez régulièrement aux appels d’offres.

Isabelle et moi mangeons souvent ensemble et nous nous réservons des tête-à-tête de femmes avec de passionnants échanges de points de vue sur le dernier modèle de nos couches-culottes favorites même si nos conversations tournent plus souvent autour du travail ou autre sujet politique.

Nous ne nous voyons jamais en dehors du travail. Si nous partageons au bureau la même opinion sur nombre de sujets délicats comme la place de la femme dans une société de travaux publics et la manière de gérer les secrétaires, nous avons peu d’autres centres d’intérêt communs. Isabelle est très bien éduquée quand mon vocabulaire, après trois ans de plates-formes pétrolières, est loin d’être châtié. Je me permets des plaisanteries pas toujours très fines qui auraient plutôt tendance à la faire rougir. Mais cela n’empêche en rien une excellente collaboration professionnelle et nous nous acceptons mutuellement telles que nous sommes.

Quelques mois plus tard, Isabelle nous quitte, afin d’agrandir sa famille encore une fois. En son absence, je passe mon temps à refuser sa succession qu’on essaye de m’adjuger automatiquement sous prétexte qu’une femme ne peut être mieux remplacée que par une autre femme. Je déclare forfait très rapidement pour la gestion du pool de secrétaires dont l’harmonie au bureau tient plus du numéro d’équilibriste que du bon sens qui m’avait tant servi en Afrique.

Je suis fortement occupée par les appels d’offres successifs et les déplacements que je dois effectuer dans différents pays. Ces voyages me font du bien, ils m’aident à supporter cette vie sédentaire. Je me contenterais assez facilement d’une vie en France si j’avais la possibilité de quitter régulièrement mon bureau comme je le faisais au Nigeria pour aller sur le chantier ou pour rendre visite au client.

Les déplacements sont toujours une occasion de jongler entre la nourrice et les grands-parents que j’appelle régulièrement à contribution arguant du fait qu’ils doivent profiter de tous les moments qu’ils peuvent passer avec leur petite fille avant que nous ne repartions.

Notre vie sociale est très réduite. Nous connaissons peu de monde ici. Le français de David ne lui permet pas vraiment de suivre une conversation. Je n’ai pas la patience d’inviter des gens pour jouer au traducteur simultané toute la soirée. Sans enfant scolarisé, n’ayant pas le temps de participer à la vie associative du village, nous avons peu l’occasion de rencontrer du monde. Et puis nous avons du mal à nous lier d’amitié avec des gens qui n’ont pas toujours l’ouverture d’esprit que donnent les voyages. Nous avons déjà tellement vécu ! Riches dans un pays pauvre, régulièrement confrontés à des situations extrêmes, nos caractères se sont forgés et notre philosophie de la vie est irrémédiablement transformée. Notre système de référence est faussé par rapport à nos compatriotes. Si nous ne pouvons pas leur reprocher de dramatiser des faits quotidiens qui nous semblent dérisoires au vu de ce que nous avons vécu, nous avons du mal à nous y intéresser. A l’inverse, nous avons beaucoup de difficulté à raconter nos aventures, nous avons peur de ne pas être compris, de passer pour des extra-terrestres ou des vantards. Peut-être écrirai-je un livre sur le sujet un jour !

Alors nous vivons un peu reclus et ne voyons quasiment que la famille en dehors du travail. Mais Charlotte a beaucoup de potentiel pour occuper nos loisirs.

David travaille au Vietnam suivant un système de rotation. Cinq semaines au travail et trois semaines à la maison. Le rythme est un peu difficile à prendre mais on s’habitue à cette vie en pointillés. Cinq semaines seule où je joue à la mère célibataire, jonglant entre le travail, la nourrice, le bain du soir, les biberons, les courses et le ménage. Sans compagnon pour me soulager les soirs de déprime. Les deux premières semaines sont agréables. La joie des plateaux télé en robe de chambre et bigoudis (enfin pas à ce point là tout de même). Les deux semaines suivantes se passent en douceur mais je commence à franchement piaffer d’impatience la cinquième semaine. Mes collègues masculins évitent alors de se retrouver seuls avec moi dans un bureau fermé !

Mais le retour est une lune de miel qui se renouvelle tous les deux mois. Alors David délaisse la côte de travail, les bottes de sécurité et se transforme en papa gâteau pendant ces quelques semaines. Nous donnons congés à la nourrice. David devient rapidement un changeur de couches et un stérilisateur de biberons professionnel. Et je suis une chanceuse qui peut profiter en même temps des avantages de la vie de femme mariée et de celle de célibataire.

Ma vie privée est un peu particulière mais ma vie au bureau est beaucoup plus classique. Je traite les dossiers les uns après les autres. Le schéma est classique. L’appel d’offre démarre en douceur, on commence à distribuer le travail, à consulter les fournisseurs. Puis il faut dépouiller les réponses, commencer à collecter les chiffres. La pression monte rapidement pour finir à quelques jours de la limite de remise de prix, au bureau au milieu de la nuit, en pleine panique à la recherche des derniers chiffres, à fignoler les derniers calculs. Le prix ne peut être remis en retard sous peine de disqualification. Plusieurs mois de travail pourraient être perdus pour un envoi postal mal contrôlé. Après des heures de travail acharné, la mise en enveloppe dans la soirée et la note finale sous la forme d’un scellé de cire. Et le soulagement. Une semaine de repos aux horaires allégés pour récupérer, la tension qui retombe, la sensation du devoir accompli. Et puis on reprend un autre dossier, on recommence à distribuer les le travail et la roue continue.

Pas de monotonie mais un petit goût de fadeur après la vie que je menais il y a encore peu.

Alors mes patrons redoublent d’imagination dans leurs missions.

Depuis quelques temps, on m’a demandé de suivre un correspondant au Maroc supposé nous décrocher des contrats mirobolants. Cet homme charmant est expansif et a déjà usé deux collaborateurs quand on me nomme sur le poste. Il n’est pas toujours facile de garder son sang-froid mais c’est de la bibine comparée à mes séances nigérianes. Il s’avère rapidement qu’il est impossible de juger des opportunités sans aller sur place.

Donc je me sacrifie et je m’apprête à passer une semaine à Rabat. Coïncidence, David est en congés et peut m’accompagner avec Charlotte. Nous partons dix jours sur place. Tous les matins, je sors tôt de l’hôtel, tailleur strict et attaché case à la main, caricature de la femme d’affaire. Une heure après, le mari descend en short, avec un bébé de six mois dans les bras. Nous faisons sensation dans ce pays où la femme a besoin de l’autorisation de son “chef” de famille pour pouvoir travailler.

J’ai emmené un collègue qui a une bonne connaissance du pays. Notre voyage est rythmé par les visites de site et des entreprises dans la journée, le restaurant dans la soirée et le tourisme le Week End. David s’occupe et se débrouille même pour jouer sur le golf de Rabat, habituellement fréquenté par la famille royale, il faut bien ça. Mais malgré ce séjour particulièrement agréable, je donne un avis négatif, au retour. Nous n’apporterions rien d’innovateur par rapport aux sociétés concurrentes et le contexte politique semble si compliqué que nos chances de succès sont plutôt faibles. Dans tous les cas, s’ils décident de poursuivre, ce sera sans moi. Ils m’avaient fait miroiter le poste de direction de la future filiale potentielle. Le projet sera finalement abandonné.

Enfin, j’arrive à prendre de grandes vacances à Noël, nous devons partir un mois en Nouvelle Zélande.

Au dernier moment, Didier demande à me parler. Nous venons de recevoir un très gros appel d’offre, le plus gros jamais traité à ce jour par le département, en collaboration avec un partenaire américain. Didier m’en donne la responsabilité mais il est clairement nerveux. Les enjeux sont énormes. Le montant estimé de ce contrat correspond à la moitié du revenu annuel de l’entreprise. Une erreur d’estimation pourrait coûter très cher. Dans cette ambiance de panique générale, il me demande instamment de reporter mes congés. Je lui rappelle que nous avons six mois pour la remise du prix et que je compenserai ultérieurement pour ce mois de vacances, dusses-je travailler jour et nuit. Mais il insiste lourdement jusqu’à ce que je lui réponde : “Ces vacances sont prévues depuis six mois, je ne peux pas annuler car toute la famille de David sera réunie, donc la question n’est pas : Est-ce que je pars en vacances ou non ? Je pars en vacances. La question est : Est-ce que j’ai encore un emploi quand je pars en vacances ?” Didier, écœuré : “Aucun moyen de te mettre la pression, pars”. Et je suis partie, et le prix a été remis dans les temps en juin.

Charlotte a tout juste un an et atterrit pour la première fois sur la terre de ses ancêtres. A la grande joie de toute la belle-famille et de David qui est enfin de retour parmi les siens dans un pays où il comprend la langue et où aller chez le boulanger n’est pas une épreuve.

Nous arrivons juste à temps pour la grande fête familiale que nous suivons dans un demi-coma, faisant de notre mieux pour absorber les douze heures de décalage horaire et pour maintenir Charlotte éveillée à grands renforts de pincements.

Quatre semaines plus tard, nous rentrons reposés malgré le décalage, les trente heures de voyage, avec une petite fille qui pense que l’avion est bien trop amusant pour dormir et qui passera tout son temps à parcourir les allées avec maman qui tente d’éviter de pousser à bout les autres passagers. David lui rentre en Asie.

Le jour même de mon retour, le temps de déposer ma fille et les valises, de prendre une douche rapide et je retourne directement au travail, comme promis pour attaquer cet énorme appel d’offre.

Pour ce dossier, je dispose même de jeunes embauchés que je dois former. Ce qui met ma célèbre patience à très rude épreuve. C’est beaucoup plus facile que de travailler avec des Nigérians, mais je n’ai jamais eu l’âme d’une professeure, heureusement qu’ils comprennent vite, sans trop me demander d’explications.

Et puis, ça me vieillit, je passe brutalement du statut de benjamine du bureau à celui d’ancienne qui utilise sa grande expérience pour donner les bases à de jeunes gens frais émoulus de l’école d’ingénieur et en partance pour le Nigeria.

Nous partageons un grand bureau et comme d’habitude personne ne s’imagine que je puisse être la responsable. Il m’arrive parfois de décrocher le téléphone à la place d’un de mes collaborateurs absent, l’interlocuteur me traite en général à peine poliment pensant sans doute que je suis la secrétaire du service, ce qui n’est d’ailleurs pas une excuse. Puis quand, au fil de la conversation, ils réalisent l’étendue de mes connaissances sur le projet, ils finissent par me demander qui je suis. En entendant mon titre, il y a un blanc au bout du fil juste avant le flot d’excuses. Pendant que je jubile. Voilà mon destin. Grande vengeresse des secrétaires trop souvent insultées.

Nous avons profité de nos vacances pour mettre le deuxième en route. Nous gérons notre famille comme un projet. Le bon timing pour avoir une fratrie rapprochée et de limiter le temps passé en France. David supporte de moins en moins de ne voir sa famille qu’un mois sur deux même si Charlotte le reconnaît maintenant.

Et c’est enceinte jusqu’aux yeux que je pars avec Didier finaliser l’appel d’offres aux Etats Unis. Les chiffres en jeu sont colossaux, je panique un peu à l’idée de la responsabilité qui m’échoit et des conséquences en millions de dollars du moindre oubli. Nous travaillons de longues heures et la nuit je me réveille en sursaut en me demandant ce que j’ai oublié. Alors je ne retrouve le sommeil qu’après avoir rallumé l’ordinateur et vérifié mes fichiers. Ces chiffres qui me donnent le tournis. Et les quelques heures de sommeil que j’arrive à grappiller ne sont pas suffisantes pour m’éclaircir les idées.

Pendant ce voyage, Didier apprend la démission de Bruno. Bien que sans surprise, le coup est rude. Une grande partie de l’activité du Nigeria repose sur ses épaules. Didier me dit que si je n’étais pas enceinte, je serai déjà dans l’avion pour le remplacer. Boutade ou offre sérieuse ? Je ne le saurai jamais car si l’offre est alléchante et les responsabilités énormes pour une personne de mon âge, je pense que ce poste est incompatible avec ma nouvelle vie de famille.

Au final, au début de mon congé de maternité, je n’aurai travaillé que dix-sept mois en France.

Quand je commence à circuler difficilement entre les bureaux, je demande à Isabelle qui me remplacera à mon départ. “Voyons, on ne va pas te remplacer pour quelques mois.” Pourtant je pensais avoir été claire. Je ne demande qu’à repartir. Maintenant que j’ai contribué à la moyenne de la natalité nationale, la route – ou plutôt l’avion – m’attend. Apparemment Didier ne l’avait pas tout à fait compris comme ça, il pensait qu’en laissant le temps au temps j’oublierai de demander à repartir. Didier me dit alors qu’il serait prêt à ouvrir une mission de développement pour moi si David est envoyé dans un pays avec du potentiel. Alors il me donne une liste de ces fameux pays, en Asie, que David soumet à BOITE.

 

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